Call of Duty : Modern Warfare 3 ou l’orgueil se cache pour mourir.
Note: Le présent texte est le premier de ce que j’espère deviendra une fructueuse collaboration gorgée d’estrogène. Puisque discrinimination n’est pas un mot que nous sachions épeler correctement chez GROSJOUEURS, c’est avec plaisir que je vous introduit Isâ (ça fait juste mal la première fois), première collaboratrice féminine de l’équipe. Ses opinions hargneux envers les FPS modernes et sa passion des jeux flash impertinents font de celle que l’on surnomme I-natural une personne que je respecte.
-Jules Beckett
Je n’aime pas les First Person Shooter en général et Call of Duty tout particulièrement. J’aime pas ça parce que j’y suis vraiment mauvaise et que l’échec cuisant de mes super skills me met très en colère (une des manettes du PS3 – la bien nommée « celle qui fait tchik tchik », est d’ailleurs toujours subtilement offerte aux invités depuis que je l’ai câlissée au bout de mes bras après avoir été tuée 42 fois dans une seule et même partie de 11 minutes.) Tout le problème réside dans la nécessité de contrôler à la fois le déplacement ET la tête du tireur : je me retrouve immanquablement à inspecter le sol où le ciel sans jamais être capable de garder le focus sur ce qui se trouve juste devant moi, pourtant à hauteur normale d’la face. Ça me fait toujours l’effet d’être une grosse marionnette désarticulée avec des yeux qui roulent de droite à gauche sans jamais s’arrêter. Au moment où je commence enfin à maîtriser la position correcte pour au moins juste avancer dans la map, je suis généralement victime du head shot vicieux d’un gars pourchassé par un hélicoptère qui n’a même pas eu besoin de viser plus que deux secondes pendant qu’il sautait du troisième étage d’un édifice bombardé. Lui, il passe clairement au moins 8 heures par jour sur CoD. Je n’ai malheureusement pas cette liberté. Quand je joue à des FPS, j’ai autant de désolation pour moi-même que j’en avais à 7 ans devant ma mère qui swingnait la manette pour que Mario puisse sauter plus haut. C’est ben pour dire.
L’autre problème que j’ai avec CoD, c’est qu’il y a une tabarouette de responsabilité d’équipe : mes frères d’armes comptent sur moi pour courageusement protéger leurs arrières pendant qu’ils sécurisent notre position. Or, considérant que je fais plus souvent qu’autrement de la prospection au sol ou de l’identification d’oiseaux dans ces moments jugés cruciaux, non seulement je m’auto-méprise, mais je me fais aussi sauvagement humilier par le reste de mon équipe qui me crie des bêtises sans nom dans le creux de mon oreillette d’agent immobilier frais chié. L’intimidation s’étend même jusque dans mon inbox de PS3 où, jour après jour, ma confiance s’amenuise en lisant les « Stop playing! » et autres « YOU SUCK ». C’était pas assez de me le crier par la tête, t’as pris la peine de me l’écrire en plus? Vraiment? Merci.
Ce qui m’attriste le plus cependant, c’est le fait que je considère les FPS (CoD, Battlefield, Resistance, etc.) comme des incontournables dans le c.v. d’un vrai adepte, des must play pour pouvoir mériter le titre de…gros joueur, justement. Tu ne peux pas te proclamer hard core gamer quand réellement, tout ce que tu fais, c’est de jouer à Zuma Deluxe sur ton ordi de job entre deux appels de clients exaspérés. Je suis capable d’apprécier la qualité des FPS : leurs graphiques, la liberté dans le choix des campagnes, des cartes et des modes de jeux, l’incroyable apport des utilisateurs qui créent de nouvelles armes, interfaces ou fonctions et la complexité des stratégies mises en place par certaines équipes, mais je reste malheureusement trop poche pour y participer… Peut être que je me trompe aussi; peut être que, finalement, ça suffit amplement de jouer à des Flash pour être considéré comme un des cool kids…? Est-ce que c’est l’étendu des habilités/connaissances qui fait le joueur ou c’est plutôt la passion qu’il démontre quand il joue?
Tout ça pour dire que je m’ennuie de jouer à Doom sur mon 486 : la seule place où tu pouvais regarder, c’était droit devant et personne ne t’insultait quand tu te faisais violemment arracher la face par un cacodemon.
-Isâ


1 Commentaires
Posté le 15/02/2012 à 11 h 51 min par Lessard
Aie, j’adore la question qui tente de définir qu’est-ce qu’un GrosJoueurs. Tellement que j’suis en train de débattre avec moi-même sur la question et je ne me trouve pas de réponse.
Gros Article ! Donc celui de ce fameux truc qu’on entend toujours quand tu parles du HeadShot associé directement avec le 8hres par jour. Que tu sois bon ou pas, quand tu te fais tuer a COD, y’a rien qui te fait fait plus chier.
P.S. : C’est qu’une question de skillz, d’heure d’entrainement, de motivation, de coaching, beaucoup d’orgueil mit de coté afin de controler les 2 Joysticks d’une manette à COD.